Déclaration préliminaire

Nous vivons une époque étonnante. Les nombreuses découvertes technologiques incitent à penser que la médecine fait évoluer la santé de la population vers une meilleure qualité de vie. Les professionnels de la santé subissent une pression constante qui les oblige à s'inscrire dans un carcan socio-économique qui dirige leur mode de fonctionnement. De nombreux phénomènes interviennent pour neutraliser l'effet du progrès technologique et de son réel impact sur la civilisation.

Un effet pervers du progrès en médecine est constituée par le fait que les nouveaux développements produisent une modification défavorable du comportement de la population. Le traitement efficace du diabète neutralise l'intérêt de la prévention et est à l'origine de la démographie galopante de cette affection. Les interventions moins agressives, comme les angioplasties coronaires, qui peuvent être réalisées à plusieurs reprises, ont moins d'impacts sur le contrôle des facteurs de risques cardio-vasculaires que des opérations chirurgicales. Dans tous les domaines de la médecine, se trouvent documentés des déviances comportementales qui contrecarrent l'efficacité des nouvelles attitudes thérapeutiques.

Le contexte socio-économique général permet rarement d'installer de nouvelles thérapeutiques avec un bénéfice financier pour le système de sécurité sociale. Cela signifie que les nouvelles technologies médicales imposent des restrictions sur des pratiques routinières qui sont parfois vitales. La chirurgie robotisée est développée dans nombreuses institutions hospitalières qui n'investissent plus assez de moyen pour la transfusion sanguine. Cette pratique de vases communicants, dans un système subsidié ou l'enveloppe globale est fermée, impose des choix parfois douloureux pour la prise en charge médicale.
Parmi les paramètres de lourdeur de pathologie, que l'on peut mesurer au cours des séjours hospitaliers chirurgicaux, on remarque, depuis 15 ans, que l'âge moyen des patients augmente progressivement ainsi que les risques globaux de mortalité et de morbidité opératoire. Les résultats opératoires, pour des patients comparables, s'améliorent évidemment au cours du temps, mais pour la population globale on constate que les patients sont plus âgés, plus malades et moins autonomes.

Ces différentes constatations de la pratique médicale journalière ne peut pas laisser le praticien indifférent à l'orientation des progrès en médecine qui ne favorisent pas nécessairement de respect de l'individu. La réponse classique de nombreux professionnel de la santé qui affirment ne pas devoir se poser de question sur des choix thérapeutiques, par rapport à des valeurs philosophiques ou idéologiques, risque de faire flamber des attitudes qui répondent uniquement à des préoccupations économiques.

Ce portail s'appliquera à proposer des démonstrations objectives pour mettre en évidence une forme d'acharnement thérapeutique qui consiste à proposer à outrance des nouveautés technologiques au détriment de la qualité de vie et du respect de la dignité humaine. Tout professionnel de la santé, qui désire participer au groupe de réflexion, est invité à remplir le formulaire prévu à cet effet.

Dr Marc JORIS.